Visite le Vendredi 31 octobre 2008 de l’école Hattie Friedland à Jérusalem - par Monique THEBAULT et Danielle PAQUET-FRANCOIS (France-Israël Dijon)

Publié le par franceisraeldijon

Nous arrivons dans le quartier Kiriat-Yovel où se situe l’école. A travers les vitres du bus, nous apercevons les deux directrices Gillah et Maha qui nous attendent.


Quelle joie de les revoir, rires, larmes que d’émotions …

 

Eh oui cela fait maintenant six mois que ces deux directrices, l’une juive, l’autre l’arabe, sont venues à PARIS, invitées par l’équipe PRIMO (pour le rééquilibrage de l’information au Moyen Orient) et les éditions YAGO. Lors d’une grande soirée « SIGNER LA PAIX » présidée par Mr François Zimeray, Ambassadeur pour les Droits de l’Homme, leur fut remis le chèque du Prix YAGO PRIMO.11000 euros

 

Elles furent aussi les invitées de France ISRAEL DIJON le 13 Avril 2008, et déjà nous avions pris rendez-vous pour visiter leur école lors de notre prochain voyage en ISRAEL en Octobre.

 

Nous sommes accueillis par Monsieur Daniel Braunschvig, Responsable de l’Alliance Israëlite Universelle ,Monsieur Yeduda Lancry,ancien Ambassadeur de l’état d’Israël en France et aux nations Unies, actuellement Président du Conseil d’administration de la 2ème Chaîne de la Télévision Israélienne, et l’ancien Directeur de l’Ecole, Monsieur Barouk . Boissons, gâteaux faits par les élèves nous attendent dans la salle des professeurs.

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Un peu d’Histoire :


L’Alliance Israélite Universelle (Kol Israel Haverim – Alliance) est née à Paris en 1860, avec notamment Adolphe Crémieux, pour aider à l’éducation des jeunes dans le monde méditerranéen. Les premières écoles apparaissent au Maroc et, en 1948, regroupent 32.000 élèves.


Aujourd’hui, l’Alliance compte en Israël 4 lycées, l’Ecole des malentendants et un institut de formation des maîtres, pour les former à enseigner l’humanisme. De plus, le Réseau RENOUVEAU apporte une aide aux écoles et aux pédagogues en difficulté. L’Alliance apporte aussi l’enseignement de la culture juive dans les écoles, tant juives qu’arabes et assure une action sociale aux élèves en difficulté.

 

L’école Hattie Friedland a été fondée dans les années 1930 par l’Alliance à Jérusalem.
A la création de l’Etat d’Israël, l’école est passée sous la responsabilité de la municipalité de Jérusalem et du Ministère de l’Education Nationale, néanmoins le lien avec l’Alliance reste fort.

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L’Ecole :


HATTIE FRIEDLAND est une école publique, dans laquelle les enfants sont admis sur l’avis d’une Commission de l’Education Nationale. Elle est entièrement gratuite et ouverte aux enfants sourds présentant des troubles psycho-moteurs associés.

 

Elle connaît un plus grand rayonnement depuis 1967, date à laquelle son nouveau directeur, Monsieur A. Barouk l’ouvre aux enfants sourds palestiniens de Jérusalem Est et des villages arabes environnants qui ne possédaient aucun lieu d’accueil spécifique. Jusqu’à ce jour l’école Hattie Friedland permet à des enfants sourds, juifs et musulmans,

d’apprendre à vivre ensemble, aménageant les enseignements pour une part ensemble et pour une part séparément.

 

Actuellement, l’Ecole reçoit environ 85 enfants, de 6 à 21 ans, avec une grande majorité d’enfants arabes, issus de milieux pauvres ne pouvant pas assumer correctement le handicap surtout quand il y a poly-handicap. (la consanguinité semble assez présente dans les populations arabes). Par contre, notons en même temps que l’enseignement en classes maternelles semble plus adapté aux enfants malentendants dans les écoles arabes que dans les écoles juives !

 

Il y a sur place : Orthophonie, Psychologie, Kinésithérapie, Ergothérapie, Danse, Cuisine, Dessin, Informatique….

 

La langue des Signes :

Historiquement, l’école a d’a bord fonctionné sur la base de l’oralisation des enfants, aidée par la lecture labiale. Puis, elle s’est tournée vers des méthodes plus gestuelles. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une langue universelle des sourds, mais d’un système de gestes reliés aux lettres. C’est ainsi une ouverture sur la lecture et l’écriture dans les deux langues. Il est frappant de constater que, tout en utilisant les gestes, les enseignants parlent beaucoup, confirmant leur attachement à la langue courante et non le recours à un langage gestuel différent. Ceci paraît un élément fondamental d’intégration dans le monde du travail.

 

Les adolescents sont autant que possible, Juifs et Arabes ensemble et se préparent à une sorte de Baccalauréat réduit. Une formation à l’informatique a été récemment installée.

 

L’enseignement se veut efficace, axé vers la recherche de stages en entreprises puis d’un emploi : des jeunes filles arabes suivent une formation d’esthéticiennes, coiffeuses, maquilleuses, des jeunes garçons reçoivent une formation de cuisiniers. L’un d’eux est même actuellement sous-chef dans un hôtel !

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Notre rôle :


La conviction presque insensée de quelques femmes et hommes enseignants, Juifs et Arabes nous rappelle qu’il n’y a pas d’autre choix que le dialogue, la reconnaissance et l’acceptation de l’autre.

 

Ici dans cette école : N’est pas sourd celui que l’on croit


C’est l’école de la co-existence


Nous devons aider cette école (la salle de danse en sous sol n’est pas climatisée)

 

Faisons en sorte que lors de notre manifestation « ISRAEL AUTREMENT » éditions 2009 sur DIJON de recueillir suffisamment de dons pour la réalisation de ce projet

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Soeur Odile, Mmes Maha Abu-Ktesh et Gillah Tatar,

Dr Jean Kahn, M. Yeduha Lancry, Mme Monique Thébault

Voici la dernière photo prise.

 

Maintenant nous continuons notre voyage en direction de Yad Vashem

A Bientôt

 

The School for the Deaf
Borochov Street N° 7
Kiriat Hayovel
Jérusalem 96600 Israël

FLEURIR LE DESERT par Danielle PAQUET-FRANCOIS, Secrétaire adjointe de France-Israël Dijon


Voyage en Israël avec l’Association France-Israël

Ce fut un merveilleux voyage….

 

Israël, ses réalisations, ses échecs, ses paradoxes, ses fulgurances…Il y aurait tant à dire !

 

Et ce désert qui fleurit…Essayons de décrire comment les Israéliens font fleurir le désert :

 

Nous avons visité deux installations, apparemment très représentatives des oasis créées dans le désert et voici ce que j’en ai retenu :

 

1. Les « oasis familiales »


Dans la mouvance des rêves d’exploitation du Neguev, à la suite de David Ben Gourion , qui voulait voir fleurir le désert depuis Sde Boker, où il a vécu, une trentaine d’exploitations agricoles ont vu le jour, à proximité de la route principale. Ce sont pour la plupart des organisations de type familial dont le principe en était : faire revivre les exploitations des Nabatéens ( habitant ces régions vers 300 avant l’ère chrétienne) et rechercher leurs méthodes, notamment pour l’irrigation, que pratiquaient déjà les Nabatéens.

 

A coté de Sde Boker, arrivant du splendide site nabatéen de Shivta, nous quittons la route . Et prenons à gauche un chemin à peine carrossable, où notre gros car n’avance que péniblement. Et soudain c’est la surprise : devant nous, de chaque côté de ce chemin sec, au milieu de ce désert caillouteux du Neguev : des vignes ! Et bientôt des arbustes, des fleurs, des constructions !


C’est Carmey Avdat !

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Nous sommes accueillis sous une tonnelle ombragée par Eyal Izrael, grand gaillard solide qui nous offre la traditionnelle tasse de thé et nous présente son exploitation.

 

Cette exploitation vinicole a été créée par la famille Izrael en 1988.

 

Les terrasses des Nabatéens ont été retrouvées et servent maintenant pour la culture des vignes : le Merlot et le Cabernet. Pour l’eau potable, c’est le K.K.L. qui a installé le premier pipe-line. Pour l’irrigation, ils ont repris les principes des Nabatéens : stockage de l’eau des inondations (car, dans le Néguev, il y a des pluies torrentielles et souvent de la neige). Ils recyclent toutes les eaux usées. Pour la main d’œuvre, ils reçoivent des ouvriers, tous en ordre avec leur service militaire israéliens, qui habitent sur le site. Parfois, ils font aussi appel aux Bédouins, notamment pendant l’année sabbatique que la Bible impose pour faire reposer la terre.


Les cépages retenus ont été le Sauvignon et le Merlot, qui prennent sur ces terres un parfum très spécifique

Le gouvernement n’a pas pris part dans l’affaire, sinon par un dégrèvement d’impôts (sur le revenu et Foncier) et n’a apporté aucune garantie. Tout se négocie avec les banques, à titre personnel. Il a fallu environ 4 ans pour commencer à créer quelques revenus, immédiatement réinvestis dans les aménagements. Au bout de 10 ans, l’exploitation est devenue à peu près autonome et produit , en plus de sa subsistance, des vins et des produits artisanaux.

Au niveau technique, ils ont pris des contacts avec des œnologues et nous avons envisagé avec eux de les recevoir en France, pour rencontrer des vignerons de Bourgogne.

 

Au niveau humain, il s’est créé une grande solidarité entre les exploitations voisines, pour donner à leurs enfants tous les moyens d’une vie sociale et intellectuelle riche. Pour mettre en place leurs rôles respectifs, Eyal Izrael est même venu s’instruire auprès des sauveteurs de Chamonix pour réagir vite en cas de besoin médical dans l’une ou l’autre des exploitations. La ville d’El At est relativement proche et les enfants y trouvent plein d’ouvertures sur la vie moderne.

 

Dans ce contexte, il semble que les enfants de la famille soient intéressés à continuer ce projet qui reste familial et exaltant.

 

Pour plus de détails, vous pouvez aller sur un site merveilleusement illustré :
www.carmey-avdat.co.il

 

2. les kibboutz agricoles


A l’opposé, dans le kibboutz Yot-Vata, nous avons rencontré une organisation agricole laitière de grande envergure et totalement industrialisée.

 

Là, tout est pris en charge par l’Organisation, tout est fourni gratuitement à chacun, en échange du travail de chacun. C’est le système type du kibboutz.

 

900 personnes, représentant environ 300 familles, entretiennent un cheptel d’environ 700 vaches laitières. Installations ultra-modernes, traite électrique sur manège. Ateliers de fabrication de boissons lactées, fruitées, vitaminées. Ateliers de conditionnement, tout est mécanisé, aseptisé, informatisé.

 

Les veaux sont séparés de leur mère dès la naissance. Ils sont expédiés dans d’autres structures.
Les laitières restent à l’abri dans les étables.


La répartition du travail se fait entre tous, en fonction de leurs possibilités ; jusqu’aux enfants qui, très jeunes, doivent « payer » leur entretien par un quota d’heures de travail sur l’exploitation.

 

On peut se poser la question de l’implication idéaliste de cette population et plus particulièrement de cette jeunesse : Comme l’a expliqué la personne qui nous a reçus : « lorsqu’ils partent pour faire leur service militaire, les jeunes veulent souvent envoyer promener les impératifs du kibboutz et s’envolent dans le monde extérieur. Ils se marient, ils expérimentent la vie « en ville »…. Et on les voit revenir, avec femme et enfants, car, dans le kibboutz, ils se trouvent bien plus à l’abri, protégés par le système qui fournit tout : éducation, habitat, habillement, santé etc. »

 

Il existe aussi un troisième système, basé sur la mise en commun de matériel et d’outillage par des fermiers autonomes que nous n’avons pas eu l’occasion de visiter.

 

Ce sera peut-être pour un prochain voyage…..

Publié dans France Israël

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