Retour sur la rencontre avec Gillah Tatar Yitshak et Maha Abu Ktesh

Publié le par franceisraeldijon

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13 AVRIL 2008 : Elles étaient à Dijon pour une conférence exceptionnelle - retour sur la rencontre avec Gillah Tatar Yitshak et Maha Abu Ktesh, directrices de l'Ecole Hattie Friedland de Jérusalem

Lors de leur séjour en France, quelques jours avant la soirée co-organisée à Paris le 15 avril pour leur décerner le Prix Yago-Primo, les deux responsables de l’Ecole pour sourds « Hattie Friedland » de Jérusalem, toutes deux Israéliennes, l’une juive, l’autre arabe, étaient les invitées de France-Israël Dijon. L’occasion de découvrir une belle leçon de vivre ensemble.


 

Accueillir des enfants sourds, juifs et arabes, qui pourraient apprendre à vivre ensemble, tel était le pari assez fou du fondateur de l’Ecole pour sourds « Kol Israël Haverim », Baroukh Abramson. Pourtant, cette école fondée en 1932 qui accueille aujourd’hui 93 élèves quelles que soient leurs origines sociales, ethniques ou religieuses est devenue au fil des années un véritable espoir aussi bien pour les enfants malentendants, pour leurs familles et pour toute l'équipe pédagogique, elle-même pluriculturelle.

 

Il faut dire que cette école est dirigée tambour battant par deux femmes : Gillah Tatar Yitshak et Maha Abu Ktesh. Maha, directrice-adjointe, arabe israélienne originaire du village d’Abou Gosh, a choisi d’intégrer l’équipe d’enseignants depuis 9 ans car pour elle la seule alternative est d’apprendre à vivre ensemble. Gillah, sa directrice actuelle, juive, s’y est investie depuis que son frère et sa sœur, sourds, ont été suivis dans cette école. Jour après jour, avec persévérance, elles font la preuve qu’une paix est possible, qu’une coexistence est à portée de main.

 

«La paix n’est pas un dialogue de sourds mais une réalité. » Tels étaient les propos d’introduction de Daniel LEFEBVRE, Président de France-Israël Dijon, qui a souhaité mettre en lumière les actions menées par ces deux amies. Lors d’une conférence intitulée « Le dialogue au-delà de la surdité ? », elles ont ainsi pu dire comment les enfants sourds, juifs, arabes israéliens et enfants palestiniens peuvent surpasser le handicap de la langue afin d’apprendre à vivre ensemble et à communiquer par le geste et les signes.

 

Elles étaient accompagnées pour cette rencontre par le réalisateur du film N'est pas sourd celui qu'on croit consacré à la vie quotidienne de l’école Hattie Friedland, Elie ROUBAH. L’idée de réaliser ce film est venue - un peu par hasard – en 2000 lors d’un séjour en Israël. Découverte qui devient rapidement un véritable coup de foudre. « J’ai proposé de faire un film pour montrer en France un autre regard sur Israël, que l’on peut faire des choses ensemble malgré les difficultés.» Le film est tourné sur les propres moyens de son réalisateur en mars et en novembre 2002, en pleine Intifada. Alors que la situation dans le pays était très tendue, l’école apparaît comme un îlot de tranquillité et de paix. Le film va avoir sa « petite vie » et sera diffusé dans sa version courte sur France 5 et TSR, dans sa version longue sur KTO en 2005.

 

Personne ne nie pour autant la réalité des tensions extérieures ; Gillah l’assure, malgré le trajet lourd d’incertitudes pour se rendre à l’école, les éducatrices « viennent à l’école, ferment la porte et se mettent au travail ».

Nombreux étaient les questions posées par un public d’une cinquantaine de personnes visiblement séduites par la détermination de ces deux femmes d’exception qui ont encore beaucoup de projets pour faire avancer leur école et leurs élèves.

 

On peut espérer comme l’a dit François-Xavier Dugourd, représentant le Conseil Général de la Côte-d’Or, présent à cette rencontre, que ce projet éducatif, humaniste et généreux « fera école ». Alors que beaucoup s’interrogent sur les solutions au conflit israélo-palestinien, c’est justement dans cette école que l’on arrive à « s’entendre », à communiquer et à montrer le chemin à suivre pour arriver à vivre en paix.

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« Plus les gens verront l’école, plus cela les fera réfléchir » souhaite Elie Roubah qui sait bien que le combat mené par ces femmes est un combat qui mérite d’être plus souvent mis en avant. Ne leur dites pas d’ailleurs qu’elles sont des femmes d’exception et que cette rencontre est hors du commun, elles vous répondront en toue simplicité que pour elles, c’est leur vie quotidienne !

 

France-Israël Dijon a déjà prévu de leur rendre visite lors du voyage qu’ils organiseront du 26 octobre au 2 novembre 2008.

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